Technologie · 25 octobre 2022
Le point sur le CAES de Bedrock : présentation et transcription complètes

EPEX 2022 : 59e congrès et salon professionnel de l’Ontario Petroleum Institute
Les mises à jour portent sur l’avancement du projet, ses implications sur les plans réglementaire et de l’exploitation du réseau électrique, et sur la contribution de Bedrock à un avenir vert en tirant parti de son expérience.
London (Ontario) | 31 mai 2022
TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO :
00:01:49 – 00:03:35
Evan Tummillo :
Bonjour à tous. Je m’appelle Evan Tummillo, directeur de la recherche et des relations avec les fournisseurs chez Bedrock, et je suis accompagné de Tanya Mackie, notre directrice de la gestion de projet.
Au nom de Bedrock, nous tenons tous deux à exprimer notre reconnaissance d’avoir pu présenter aujourd’hui les développements emballants de notre projet, leurs répercussions sur le plan réglementaire et sur l’exploitation du réseau électrique, et enfin la manière dont les membres estimés de ce groupe contribuent positivement à un avenir vert en mettant à profit l’expérience et le savoir acquis au cours du dernier siècle.
De fait, l’heure est venue d’adopter à grande échelle les technologies de stockage d’énergie. Plusieurs ordres de gouvernement, au pays comme à l’étranger, se sont dotés de plans ambitieux de réduction des gaz à effet de serre, qui favorisent non seulement une plus grande électrification de notre quotidien, mais qui assurent aussi la transition du secteur de l’électricité vers un système sans gaz à effet de serre — d’où Bedrock.
Commençons par les bases : Bedrock est un promoteur en démarrage de projets de stockage d’énergie, axé sur les solutions à l’échelle du réseau. Notre projet actuel est une installation de stockage d’énergie par air comprimé, désignée sous le nom d’installation de Bayfield et Stanley, située dans la municipalité de Bluewater, en Ontario. Bayfield et Stanley sont tous deux des réservoirs de roche poreuse de type récif pinacle silurien, situés à proximité l’un de l’autre, à une dizaine de kilomètres de distance. Les deux réservoirs servaient autrefois à la production de gaz naturel et seront désormais reliés par un pipeline d’air comprimé. Avant de passer en revue les développements techniques du projet, prenez un instant pour visionner cette courte vidéo sur le système CAES de Bedrock.
Cliquez ici pour la transcription de la vidéo.
00:05:23 – 00:08:03
Evan Tumillo :
Sans vouloir voler la vedette à mes collègues, les nouvelles les plus enthousiasmantes que nous puissions présenter concernent peut-être les aspects technologiques du projet. Du changement de configuration des équipements assurant un projet entièrement vert au raccordement des réservoirs par un pipeline d’air, les progrès se sont enchaînés à un rythme effréné à l’approche de notre phase d’ingénierie détaillée.
Commençons par les équipements eux-mêmes. Lors de notre dernière présentation ici, Bedrock envisageait une configuration plus classique, dite procédé diabatique. Les systèmes traditionnels tenaient compte du refroidissement adiabatique — la détente de l’air sous pression provoque le gel — en réchauffant l’air soutiré à l’aide d’un combustible d’appoint. Dans ce cas, on supposait que le gaz naturel jouerait ce rôle avant une conversion à l’hydrogène.
Des considérations environnementales à long terme, jumelées à l’incertitude entourant le calendrier d’adoption de l’hydrogène vert, ont amené Bedrock à revoir sérieusement ses options. Après avoir étudié les solutions de rechange avec diligence, nous avons ciblé une solution éprouvée et emballante qui élimine le besoin de brûler la moindre once de combustible. La solution? Tirer parti du procédé adiabatique dans son intégralité, de la compression à la détente, en remplaçant certains refroidisseurs intermédiaires entre les étages de compression par des échangeurs de chaleur. Notre système récupérera la chaleur perdue et la conservera dans une série de réservoirs de stockage d’énergie thermique — les réservoirs TES. Lorsque de la chaleur est requise pendant le cycle de décharge, elle est transférée des réservoirs TES vers nos turbines de détente, où elle se mêle à l’air soutiré qui entraîne le groupe turbogénérateur.
La prochaine grande nouvelle devrait enthousiasmer tout le monde ici. En mars 2022, après avoir tenu compte des préoccupations des parties prenantes locales quant à notre mode de raccordement entre Bayfield et Stanley, Bedrock a pris la décision audacieuse de renoncer à un raccordement électrique au profit d’un… pipeline d’air comprimé1, préservant ainsi le tracé de surface au bénéfice des propriétaires touchés. Cette nouvelle orientation permet non seulement à Bedrock de regrouper les turbomachines des deux réservoirs sur un même site, mais aussi de traiter concrètement les deux réservoirs comme un seul — offrant une plus grande souplesse pour répondre aux besoins changeants d’un réseau provincial. Sur cette note, je cède la parole à Tanya, qui fera le point sur l’adoption de notre règlement et sur nos échanges positifs avec le personnel des richesses naturelles et des forêts.
00:08:03 – 00:10:23
Tanya Mackie :
Une autre mise à jour intéressante concerne la réglementation et les travaux menés avec le ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts.
Comme le stockage d’énergie par air comprimé en roche poreuse constituerait une application inédite en Ontario, c’est avec une grande reconnaissance que nous avons accueilli la modification réglementaire du gouvernement de l’Ontario nous permettant d’aller de l’avant. Nous tenons à remercier chacune des personnes du ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts (le MRNF) qui ont contribué à sa réalisation, car sans elle le projet serait impossible.
Le règlement modifié pris en vertu de la Loi sur les ressources en pétrole, en gaz et en sel en matière d’exploration, de forage et de production garantira des contrôles adéquats des puits et des programmes d’injection dans les réservoirs, en veillant à ce que nous respections les normes établies qu’observe toute autre installation de stockage réglementée par la Commission de l’énergie de l’Ontario. L’industrie comme le grand public — et Bedrock à titre de promoteur — devraient y voir une grande source de réconfort : l’Ontario peut réussir une transition propre sans nécessairement réinventer la roue.
Le savoir-faire technique qui chauffe nos maisons avec une fiabilité exemplaire depuis des décennies continuera de le faire, et davantage, grâce à notre projet de stockage d’énergie par air comprimé et à d’autres semblables.
Au-delà des considérations techniques du projet, une véritable intendance environnementale sous-tend le système de stockage d’énergie par air comprimé de Bedrock. Avec une empreinte topographique minime par rapport aux solutions de stockage actuelles, jumelée à la reconversion d’un réservoir autrement destiné au gaz naturel, Bedrock demeure résolue à répondre aux besoins des générations à venir. Nous avons la chance de compter sur une fonction publique tout aussi attachée à ces normes élevées.
L’exigence de dépôt d’une demande s’accompagne d’un processus et d’une période de consultation approfondis, qui donnent aux Ontariens comme aux communautés autochtones l’occasion d’assurer une responsabilité environnementale allant au-delà des exigences ontariennes. À cet égard, nous avons hâte de travailler avec le MRNF tout au long du processus afin de consulter les groupes autochtones, les autres ministères et le public, et de collaborer avec eux. Notre projet étant sans émissions, nous estimons que l’adoption de ce règlement témoigne clairement de la volonté des secteurs public et privé de travailler de concert à l’intendance environnementale et de permettre aux innovations de s’épanouir. Ces deux éléments importants se conjugueront au bénéfice du public.
00:10:24 – 00:11:46
Evan Tummillo :
En terminant, nous souhaitons profiter de l’occasion pour remercier l’OPI d’avoir permis à Bedrock de présenter aujourd’hui une voie d’avenir vraiment emballante, non seulement pour notre modeste projet, mais bien pour cette industrie résiliente. Il n’est pas sans précédent de voir des compétences et des pratiques établies être transposées à des moments charnières de l’histoire.
Présenter à distance me rappelle les premiers mois de 2020, quand brasseurs et distillateurs de partout en Ontario ont réorienté leur production pour accroître l’approvisionnement en désinfectants, en mettant à profit l’expertise technique de leur métier. Les défis techniques que pose une technologie comme le stockage d’énergie par air comprimé ne sont pas si différents de ceux que connaissent les estimés participants. Tracer un pipeline, concevoir des programmes de forage, dimensionner des compresseurs pour un débit d’air optimal : ce sont là des considérations courantes dans cette industrie, et cette expérience est inestimable. Avec le projet CAES de Bedrock, un tel moment pourrait bientôt se présenter, où une industrie établie contribue à porter une transition innovante, où une fonction publique méthodique continue de bâtir un cadre garantissant que des projets comme le nôtre sont construits et exploités dans l’intérêt public, et où les Ontariens profitent d’un stockage d’énergie fiable à l’échelle du réseau, conçu pour durer des décennies. Merci; je resterai disponible pendant la période de questions.
Notes
1. Dans la présentation initiale, j’ai (Evan) décrit une canalisation de 60 pouces. Bedrock a depuis révisé ses hypothèses : une conduite de 48 pouces vers Bayfield et de 42 pouces vers Stanley.